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Simple Plan vu par Jeff Stinco

29 août 2008

Pourquoi intituler votre troisième album « Simple Plan » ?

 

On avait plusieurs noms assez cons à donner à cet album, mais il n’y avait rien qui semblait approprié. On sentait que cet album apportait une sorte de nouveauté, qu’on était en train de changer et d’évoluer et on voulait marquer l’importance de ce disque. Ce dernier ouvre beaucoup de nouvelles portes pour nous, on voulait démontrer cette différence par rapport aux deux premiers albums. On trouvait que nommer l’album de façon aussi loufoque que pour les deux premiers, ça ne collerait pas autant.

 

Vous avez collaboré avec des grands de la musique, dont Nate « Danja » Hills (Timbaland, Justin Timberlake, Duran Duran, Nelly Furtado), Max Martin (James Blunt, Kelly Clarkson, Avril Lavigne) et Dave Fortman (Evanescence, Mudvayne). Comment se sont déroulées ces collaborations ?

 

Chacun des collaborateurs a travaillé avec nous à diverses périodes de la conception de l’album. Lorsque nous avons rencontré Danja, nous n’avions écrit aucune chanson. Nous sommes entrés en studio sans savoir comment tout allait se passer. Il est arrivé avec des « beats » et nous, avec des bouts de chansons. Nous avons composé en studio et finalement, on est arrivé avec trois chansons (The End, Generation et When I’m Gone). On était tellement excité, on a trouvé le matériel tellement frais et nouveau qu’on a voulu continuer d’écrire par nous-mêmes pour produire assez de matériel et retourner en studio avec Dave Fortman. On a réenregistré les chansons pour lesquelles on avait fait des maquettes avec Danja : on voulait unifier le son à travers l’album. Dave comprenait vraiment le mélange d’électronique et de rock, il a vraiment vu le projet dans son ensemble. Ensuite Max Martin est arrivé. On trouvait que la chanson Generation, qui était déjà enregistrée et terminée, n’était pas tout à fait à point. D’ailleurs, Max était en accord avec nous; il nous a donc aidés à condenser nos idées et à restructurer la chanson. On voulait travailler avec les meilleurs dans l’industrie et, pour cet album, nous n’avions pas de contraintes budgétaires. On a rencontré beaucoup de réalisateurs, mais plusieurs ne comprenaient pas vraiment ce qu’on voulait faire. Donc, on a choisi de travailler avec des gens qui aimaient nos idées et qui étaient passionnés comme nous.

 

Quelles sont vos influences musicales ? Est-ce qu’elles ont changé depuis votre dernier album ?

 

Je pense que quand tu lances un groupe, c’est la musique de ton adolescence qui est la plus importante. Alors, il faut mentionner tous les groupes surf de Californie : Bad Religion, No Use For A Name... Mais maintenant, dix ans plus tard, on a écouté beaucoup de musique un peu plus pop : Kanye West, Justin Timberlake...

 

Il y a 11 chansons sur votre nouvel album : est-ce que le choix a été difficile ?

 

Pas du tout ! C’est étrange parce qu’il y avait énormément de matériel qui traînait : des chansons terminées et d’autres pas, autour de soixante idées. On a enregistré une quinzaine de chansons, mais honnêtement, on avait le luxe du temps en faisant cet album, alors on a pris une période pour « vivre » avec les chansons, les écouter dans nos autos. Et à un moment donné, ce qui est de meilleure qualité ressort. Il y a une chanson qui s’appelle Drive Me Crazy qui aurait pu être sur l‘album parce qu’elle est complètement folle. Mais à un moment donné, tu dois choisir combien de chansons du même genre tu mets sur l’album; il faut que ça soit diversifié. On a donc décidé de la conserver pour plus tard.

 

... Sur votre prochain album ?

 

Je ne pense pas, je crois qu’on va la sortir avant. Je pense que tu dois diffuser la musique pendant que tu la crées, autrement elle devient un peu datée. 

 

Pourquoi When I’m Gone comme 1er extrait ? Aussi facile à choisir que les 11 chansons ?

 

Ça c’est différent, ça a été plus difficile... Quand tu fais un album que tu aimes beaucoup, dont tu es fier, choisir une chanson pour représenter l’album au complet est absolument absurde. When I’m Gone représente une facette de l’album, le son Danja, mais tout en gardant notre identité. J’espère qu’on aura la chance de sortir plusieurs extraits de l’album pour que les gens voient les différentes facettes.

 

Votre album a été enregistré à Montréal, Miami, Stockholm et Los Angeles : est-ce qu’il y a une différence ou est-ce que le travail en studio est semblable, peu importe la ville ?

 

Pas vraiment. On se déplace pour travailler avec les collaborateurs, mais ça fait du bien de changer d’environnement : un moment donné ça commence à traîner, tu prends de mauvaises habitudes, ça commence à être le bordel. Le changement de ville nous a permis de nous renouveler. Ça a été vraiment important pour l’album parce que ces changements nous ont donné un dynamisme nouveau à chaque étape.

 

Pierre (Bouvier, le chanteur) a affirmé qu’avec cet album, vous espériez laisser un peu plus qu’une marque : qu’est-ce qu’il voulait dire ?

 

Quand tu fais ton premier album, tu le fais surtout pour repartir en tournée; tu es un peu naïf, tu ne sais pas trop comment faire, alors tu fais ton truc, tu sors ton album et là tu espères que ça fonctionne. Pour nous, c’est arrivé. Au deuxième album, on s’est un peu questionné, on voulait rester dans l’esprit du spectacle, rajouter de l’énergie sur scène : on est donc allé en studio, on a sorti l’album et on est reparti en tournée. Pour celui-ci on a vraiment pris le temps réfléchir : qu’est-ce qu’on veut être en tant que Simple Plan, quelle est notre identité ? C’est pour ça que le processus a pris un peu plus de temps. Faire de la recherche, de l’exploration... Avec ce disque, on voulait faire un album plus ambitieux, un album qui demeurera important dans notre carrière. Si un jour l’album devient un classique, eh bien ce sera tant mieux ! Ne sait-on jamais ?

 

L’album vient tout juste de sortir et il est 1er au Québec, au Mexique, 2e au Canada et au Brésil et 3e au Japon. Ça correspond à vos attentes ? Est-ce que vous suivez de près les ventes ou est-ce que vous préférez vous concentrer sur la musique ?

 

Je crois que les musiciens qui disent qu’ils ne connaissent pas leurs positions dans les palmarès sont des menteurs... Pour nous, c’est important que l’album soit entendu, mais pas nécessairement dès sa sortie. De toute manière, on n’a jamais vraiment eu du succès dès la sortie d’un album, ça nous a toujours pris plusieurs semaines : c’est un marathon et non une course.

 

Nous sommes dans les studios de MusiquePlus pour cette entrevue et bientôt, vous allez livrer une prestation musicale. Pendant que tu réponds aux questions, dehors, il y a énormément d’admirateurs qui hurlent et attendent votre prestation. Ça te fait quoi d’entendre leurs cris ?

 

Je les trouve drôlement courageux parce qu’il neige et il fait très froid dehors ! Je trouve ça cool et flatteur que les gens aient attendu tout ce temps : près de quatre ans se sont écoulés depuis la sortie de notre dernier album. Nos admirateurs sont fidèles et on l’apprécie énormément ! Mais ce qui est plus surprenant encore, c’est que la même situation se produit dans presque toutes les villes que nous visitons : au Brésil, on sort de notre hôtel et on ne peut aller dans la rue parce qu’il y a une barrière de sécurité, des centaines de personnes qui nous attendent et crient notre nom. Après avoir été cloîtré dans un studio pendant si longtemps, une situation comme celle-là, c’est assez surréel !

 

Vous avez un tout nouveau site Internet où on trouve plusieurs vidéos du groupe illustrant des moments de tous les jours. Quelle était votre intention ?

 

Tout a commencé avant même d’avoir un contrat de disques : on a toujours voulu être accessible à nos admirateurs, c’était notre mission dès le départ. À nos débuts, il n’y avait absolument aucune autre manière de se promouvoir que l’lnternet. Les gens se partageaient nos chansons, on parlait de nous sur la Toile parce que personne d’autre ne parlait de nous, la radio ne faisait jouer aucune de nos chansons. Ça a été un excellent moyen de se faire connaître et on l’a tout simplement gardé ! De toute manière, on est habitué, car quelqu’un nous suit et nous filme constamment...

 

Simple Plan d’aujourd’hui rencontre Simple Plan à ses débuts : vous vous diriez quoi ? Des conseils ?

 

Je ne regrette absolument rien de ce qu’on a fait. Je me dirais de prendre plus de photos : il y a trop de choses dont il faut se souvenir... Un jour, je veux que mes enfants voient les photos et se disent : mon père a vraiment été une rock star, c’est vrai cette histoire-là !

  

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Visitez www.simpleplan.com pour tout savoir sur le groupe !

 

 

Par Vanessa Schneider

 

(BUM interactif)
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