(bum) - Avec leur nom d’artiste, le duo torontois Let’s Go to War donne l’impression d’être pro guerre. En réalité, ils ont opté pour ce pseudonyme parce qu’ils avaient envie « d’aller au front » pour obtenir ce qu’ils souhaitaient artistiquement parlant, sans qu’on leur mette de bâtons dans les roues. Pour son premier album complet, le duo, qui a collaboré au plus récent disque de Britney Spears (Circus), a opté pour le titre Karmageddon. Il symbolise le retour du balancier dans l’industrie musicale : grâce à Internet, l’artiste prend finalement le dessus sur les administrateurs de maisons de disques. Selon le tandem, ces derniers ont longtemps tiré profit des artistes en les manipulant comme des marionnettes. Leur album traite ainsi de politique, mais aussi d’émotions et de plaisir. En somme, de la musique électro hop idéale pour faire la fête!
PJ, habituellement, quand tu crées une chanson, imagines-tu son taux de réussite sur les pistes de danse?
Oui, parfois! C’est un peu la philosophie de Let’s Go to War : combattons nos sentiments, extériorisons notre énergie, nos émotions sur la piste de danse. Toutefois, je n’essaie pas de déterminer la réaction des gens. Je ne crois pas qu’on se dit, en créant : « Oh! Cette chanson va faire danser les gens sur la piste de danse! » Les gens vont bouger comme ils le souhaitent, mais parfois, oui, tu peux manipuler la sonorité d’une chanson. C’est évident qu’un son comme celui de notre morceau Burn Down the Disco va faire bouger les gens; le rythme est si entraînant!
C’est une évidence : la musique électronique et hip-hop vous inspire. Quels artistes ont été vos influences pour votre album Karmageddon?
Soyez ouverts à l’écoute de notre album; notre musique a été inspirée de plusieurs artistes fantastiques variés. On voulait faire quelque chose à la OutKast, dans le style de leur disque Aquimini. J’ai vraiment aimé leur chanson Hey Ya!, la façon dont les éléments pop ont été incorporés à leur hip-hop moderne. Daft Punk est également parmi nos influences. Il s’agit de l’un des groupes de musique électronique les plus fous qui ont existé!
Et je vais vous parler d’une influence qui risque de vous surprendre : Fleetwood Mac. J’adore le son acoustique des vieux bands. J’ai écouté le film The Last Waltz (réalisé par Martin Scorsese en 1978). C’est un documentaire cinglé! Robbie Robertson et sa troupe jouent avec toutes les personnes pour qui ils ont écrit de la musique : Neil Young, Bob Dylan, Joni Mitchell… Cela a été vraiment inspirant, puisque nous voulions utiliser de véritables instruments, des guitares acoustiques, des cuivres, des violons, de grands pianos, et les incorporer dans le hip-hop et l’électro...
Le son de votre chanson Drivin’ est considérablement différent de celui de vos autres pièces. Qu’est-ce qui vous a inspirés à la créer?
J’ai composé cette chanson avec une guitare acoustique, assis chez moi, dans la cuisine. C’était une chanson pour moi; je n’étais pas censé la mettre sur un disque. Mais les producteurs l’ont adorée. Chaque jour n’est pas une fête… Les gens vivent des moments difficiles. Tu écoutes parfois de la musique quand tu traverses une journée de merde. Drivin’, c’est l’une de ces pistes de bien-être. Pas nécessairement le genre de morceau que tu écoutes pour faire la fête… Mais, c’est comme si tu conduisais sur une autoroute par une journée ensoleillée. Je sentais qu’elle complétait bien l’album.
Est-ce que votre chanson Maybelline fait référence à la marque de cosmétiques du même nom?
Je savais tellement que quelqu’un me poserait cette question! (Rires) Notre pièce n’a rien à voir avec la marque de cosmétiques. On a failli la nommer autrement. Maybelline mêle différents sujets. Elle traite d’une ancienne amie, de la vie urbaine et de la créativité. Parfois, les gens nous inspirent différentes choses. Quand cette personne est partie pour un long moment, je me suis beaucoup inquiété pour elle. Je me suis mis à écrire et cette chanson est née.
Qu’est-ce qui vous a inspirés à créer la chanson Internet Pornstar?
Cette chanson est cocasse... Je regardais tous ces sites sur Internet – eh! bien, pas que je les visitais, mais vous savez, toutes ces publicités que l’on voit toujours dans la Toile – et j’ai pensé à l’idée que nous, les visiteurs, jugeons pratiquement toutes ces filles. Plusieurs les méprisent, mais elles ont le contrôle. Personne ne les touche, elles décident quand tu vas pouvoir les regarder. Elles sont partout où elles le désirent dans le monde. Les gens s’assoient devant leur ordinateur et payent de grandes sommes d’argent pour les voir se dénuder.
J’ai trouvé intéressant et ironique que les gens les jugent sévèrement alors qu’elles réussissent à faire beaucoup d’argent. On vit dans un monde numérique. Les gens n’ont même plus besoin de sortir pour rencontrer l’âme soeur. Tu n’as pas besoin de te faire couper les cheveux et de t’acheter des vêtements; tu n’as qu’à changer ta photo et voilà, tu rencontres une nouvelle personne!
Vous avez écrit et produit la piste Mmm Papi sur Circus, le plus récent disque de Britney Spears. Souhaitez-vous travailler à nouveau avec la pop star?
Si l’opportunité se présente, j’adorerais cela!
Avez-vous eu la chanson de la rencontrer?
Non, on a fait tout le travail par le biais d’Internet. Encore le monde numérique, vous voyez!
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(BUM interactif)