(bum) - La formation Elbow, laquelle a lancé cette année une version live de son album The Seldom Seen Kid (enregistrée aux fameux studios Abbey Road à Londres), est souvent comparée à Pink Floyd. Le leader de Coldplay, Chris Martin, et The Edge figurent parmi leurs fans. De plus, leur pièce Grounds for Divorce a conquis U2. Décidément, les éloges fusent à l’égard du quintette de rock britannique! Rencontre avec le claviériste Craig Potter, qui nous parle entre autres du prochain opus, au contenu sûrement plus positif...
Vous souhaitez sans doute que votre prochain album soit différent de vos disques précédents. À quoi peut-on s’attendre?
On a déjà commencé à l’écrire. En fait, on n’arrête jamais vraiment d’écrire des chansons, car dès que tu termines une tournée, ton étiquette de disques te dit : « OK, on a besoin d’un nouvel album! »
C’est facile de s’asseoir sur nos lauriers et de ne pas être productif durant une tournée. Alors, on essaie d’écrire dans les vestiaires, peu importe où l’on se trouve. C’est bien, parce que l’on peut s’identifier à nos chansons. Par exemple, si l’on écrivait un morceau à Montréal, plus tard, on pourrait se dire : « Oh oui, cette pièce est celle de Montréal! » Notre album devient une sorte de « journal intime musical. »
Pour ce qui est de notre prochain album, je dirais que nous sommes pas mal tous heureux en ce moment, alors peut-être des chansons plus joyeuses? Tout va très bien pour nous au Royaume-Uni. On a gagné beaucoup de prix dans la dernière année.
Une moitié de votre plus récent album, The Seldom Seen Kid, est sombre, alors que l’autre célèbre l’amitié, la vie et l’amour. On trouvera ainsi les mêmes thèmes positifs dans votre prochain opus?
C’est difficile de parler du contenu des chansons, parce que c’est Guy (Garvey, le chanteur) qui écrit les paroles. À tout le moins, comme je le disais, on est tous dans une position heureuse. On est mariés, on a des enfants. Guy est amoureux pour la première fois, alors je ne sais pas sur quoi il va écrire; ses textes ne pourront pas parler d’une séparation amoureuse! (Rires) Vraiment, je ne sais pas. Toutefois, je sais que j’ai vraiment hâte de retourner en studio et de faire l’album.
Êtes-vous le genre de groupe qui aime tester ses nouvelles chansons en spectacle avant de les enregistrer sur disque?
Dans un monde idéal, on écrirait un album et, avant de l’enregistrer, on partirait en tournée pendant deux ans pour que les chansons se développent en concert. Mais tu n’as jamais la chance de le faire. Tu dois lancer le disque avant de partir en tournée. En fait, tu peux faire quelques spectacles ici et là pour tester des pièces. D’ailleurs, l’an prochain, on va probablement faire un concert secret et essayer certaines de nos nouvelles chansons. Alors, oui, on teste nos pièces de temps à autre.
Vous avez souvent changé d’étiquette de disques, entre autres parce que votre musique n’était pas assez « commerciale ». Aujourd’hui, pensez-vous avoir trouvé l’étiquette qui vous sera fidèle?
Oui… On fait de la musique depuis près de 20 ans et on a toujours été acclamés par la critique. La dernière chose que l’on souhaite, c’est de soudainement mettre un terme à cela et écrire des chansons pop sans valeur. On doit rester vrais.
Au début, on a vraiment été malchanceux. On a signé avec Island Records, on a fait un disque et on a été délaissés parce que la compagnie a été fusionnée à une plus grande entreprise. On a eu l’opportunité de travailler avec Polygram, mais le projet est tombé à l’eau à la dernière minute. Puis, on a décroché un contrat avec une étiquette de disques qui n’a, selon moi, jamais compris quel type de band nous étions. Ils ne savaient pas comment assurer notre promotion. Ils essayaient de nous promouvoir de la même façon qu’un groupe ayant de grands hits à la radio. Ils ne nous percevaient pas vraiment comme un groupe à albums qui allait prendre de l’ampleur tranquillement, avec les années.
Spectrum Records saisit vraiment quel type de groupe nous sommes. Ils nous laissent travailler par nous-mêmes dans un studio. Nous réalisons nous-mêmes nos opus et ils croient en nos créations. Jusqu’à présent, dans la dernière année, nous avons remarqué une grande différence; pour la première fois, on sait quoi faire avec nous.
Dans les derniers mois, vous avez assuré la première partie de concerts de U2 et de Coldplay lors de leur tournée en Amérique du Nord. C’est incroyable. Comment l’occasion s’est-elle présentée à vous?
On connait Chris Martin et ses potes de Coldplay depuis environ dix ans. Il y a plusieurs années, on a joué dans une sorte de festival de l’industrie au Royaume-Uni. On a décroché notre contrat de disque en même temps. Leur carrière s’est envolée plus vite que la nôtre, mais on les rattrape lentement avec les années! Chris a toujours été un fan de notre musique et il garde contact avec Guy (Garvey), notre chanteur. Guy lui téléphone souvent quand on termine un disque et Chris vient nous voir et donne son opinion. On avait déjà assuré leur première partie une fois au Royaume-Uni. C’était une belle occasion de les suivre aux États-Unis et au Canada, où notre carrière évolue plus lentement.
En ce qui a trait à U2, je ne suis pas certain. Je sais que The Edge aime notre musique. J’ai entendu dire, par une source fiable, que lorsqu’on a terminé notre album The Seldom Seen Kid, The Edge ou le bassiste de U2, Adam Clayton, est arrivé avec notre chanson Grounds for Divorce, a fait asseoir le groupe et dit aux autres membres : « Écoutez ceci. C’est ainsi que l’on écrit une chanson. » Puis, ils nous ont demandé si on était disponibles pour certains de leurs concerts.
Vous étiez sans doute stupéfaits. D’autant plus que les membres de U2 ont toujours été parmi vos idoles, non?
Oui, plutôt, en effet. Quand on a lancé le groupe, j’avais l’habitude d’aller chercher Guy pour qu’on aille aux pratiques dans ma Volkswagen. Une cassette était prise dans le magnétophone : Rattle and Hum de U2 (1988). On l’a écouté des millions de fois dans ma voiture parce qu’on ne pouvait écouter autre chose! Récemment, à ma demande, on a repris la chanson Running to Stand Still de U2. Les membres de U2 nous ont dit qu’ils aimaient beaucoup notre interprétation. C’est très chouette!
Vous êtes ainsi bons amis avec Coldplay et U2 maintenant…
Je ne dirais pas qu’ils sont de bons amis, mais des connaissances. Toutefois, ne sait-on jamais?
Par Carolyne Marengo