(bum) - Une première en carrière pour Andrée Watters : une tournée pop acoustique dans une ambiance intime, intitulée Tout de moi. Le simple fait de présenter ses succès et les chansons de son troisième album, Minuit, ne lui suffisait visiblement pas… L’auteure-compositrice-interprète a même choisi de revisiter des tubes d’autres artistes. Qui l’aurait imaginée en train de chanter du Michael Jackson? Accompagnée des musiciens Danny Ranallo (Garou, Mario Pelchat) et Kaven Girouard (Garou), elle nous offre des tranches de sa vie et l’éventail de ses goûts musicaux. Tout sur elle. Ou presque.
Andrée, tu as fait plus de 75 spectacles en première partie de la tournée 70s de ton chum Sylvain Cossette. Se produit-il avant tes concerts pour un échange de services?
Ah! Ah! Elle est bonne! Avis à tous les intéressés : Sylvain veut se faire découvrir, alors je lui offre une belle vitrine en première partie de mon spectacle! Mais non, je blague. Il n’a pas besoin de faire mes premières parties avec son succès! (Rires) Si je fais sa première partie, c’est parce que c’est un bon moyen de promotion pour moi. En même temps, puisqu’il a fait mon disque Minuit, ça lui permettait de promouvoir son propre projet. Il m’a donné une belle visibilité. Son public est un nouveau public pour moi.
Oui, j’ai fait plus de 75 spectacles de la tournée 70s en première partie, en formation acoustique. C’est ce qui a donné naissance à ma tournée acoustique. Les gens venaient me voir après ma prestation et ils me disaient : « Andrée, c’est l’fun, c’est comme si on te découvrait pour la première fois. » Je me sens vraiment comme une nouvelle artiste. C’est comme si je m’adressais en partie à un public fidèle, présent depuis longtemps. Mais, puisqu’une grande partie du public n’y était plus, je suis allé en chercher un nouveau. C’est un travail de tous les jours qui se fait très lentement mais sûrement.
Qu’est-ce qui te plait dans la tournée acoustique, en comparaison avec ce que tu faisais avant?
C’est complètement différent... Ce spectacle me permet de faire la coupure et de montrer aux gens où je suis rendue aujourd’hui. Je me suis fait connaître il y a plusieurs années, surtout par un jeune public. Les jeunes ont vieilli, leurs goûts ont changé. L’artiste vieillit, ses goûts changent aussi. Avec ce spectacle, c’est la première fois que j’ai un contact rétroactif avec les gens dans l’assistance. Dans les tournées acoustiques, tu dois te débrouiller entre les chansons pour conter des histoires, des bouts de ta vie, qui tu es vraiment, où tu es rendu, ce qui t’est arrivé.
Je n’avais jamais pris le temps de jaser avec les gens, ni de les faire rire. Mes amis me trouvaient drôle dans la vie, mais je ne savais pas que je pouvais l’être sur scène. J’avais de la difficulté à me laisser aller à l’humour sur les planches, de rire un peu de moi et de raconter un paquet d’anecdotes.
Le spectacle s’appelle Tout de moi, parce qu’au courant de la soirée, je passe aux aveux. Je n’ai pas peur de le faire. Les gens sont si près de moi que je vois bien leur visage, leurs réactions. Je n’ai pas peur de leur dire où je suis rendue. C’est comme si à la fin du concert ils partaient en ayant appris quelque chose sur moi. La tournée acoustique me permet de jaser avec les gens comme s’ils étaient dans mon salon, d’apporter un petit côté chansonnier à mon travail.
Parmi toutes les chansons que tu interprètes dans ton spectacle, laquelle préfères-tu interpréter?
On va recevoir le prix de la SOCAN pour la chanson Tout de moi parce qu’elle a été une des chansons les plus jouées en 2008 au Québec. J’étais très fière de l’apprendre. Dans les spectacles, les gens la chantent par cœur, du début à la fin. Ils se sont approprié ma chanson. C’est vraiment un des beaux moments dans mon show.
Je m’amuse aussi à interpréter des morceaux d’autres artistes. De nombreuses pièces m’ont influencée dans ma vie. 99,9 % de mes interprétations sont connues et viennent d’artistes comme Sheryl Crow, Michael Jackson et Laurence Jalbert. Il y en a pour tous les goûts.
Je pense que les chanteurs se font de plus en plus plaisir en interprétant des chansons d’artistes qu’ils aiment, car, règle générale, on est pris dans notre style, notre langue. On ne peut pas lancer un album au Québec dans dix styles différents, malgré que tous les passionnés de musique aiment différents genres. Dans mon spectacle, j’en profite pour faire l’éventail de mes goûts et de mes influences. Du même coup, cela permet au public de nous voir sous une autre facette. Toutefois, je n’ai pas l’intention de faire un album de reprises. Ce n’est pas dans mes plans!
Dans ton spectacle, tu chantes ton plus récent tube radio, Le tour du monde. Que représente cette chanson à tes yeux?
Le tour du monde parle du sentiment de liberté que l’on vit lorsqu’on conduit seule sa voiture, sans chum à côté de soi! L’inspiration m’est venue dans mon auto. Je suis une fille qui adore faire de la route seule. Je baisse les fenêtres, je mets la musique dans le tapis et je vais me chercher un vrai drink de fille, soit un café à la vanille ou un smoothie. Je fais le tour de mon monde, ou je vais carrément dans une autre ville. Je relaxe, je m’amuse. Tout à coup, j’ai l’impression que je peux faire ce que je veux, quand je le veux. C’est comme si je fermais la porte sur mes idées et la réalité. C’est un moment fort et je pense que plusieurs gens le partagent.
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Andrée Watters présente son spectacle acoustique à l’Espace Rona de Saint-Hyacinthe le 6 novembre, au Théâtre des Quatre Sœurs de Saint-André-Avellin le 7 novembre, au Théâtre Belcourt de Baie-du-Febvre le 14 novembre et au Théâtre du cégep de Trois-Rivières le 21 novembre. Les autres concerts intimistes de l’auteure-compositrice-interprète sont indiqués sur son site Internet.
Par Carolyne Marengo
(BUM interactif)