(bum) - Populaire, Marie-Mai? En cinq jours seulement, elle a vendu près de 12 000 exemplaires de son troisième album pop rock électro, Version 3.0. Le lancement, diffusé en direct sur le Web le 22 septembre dernier, a rassemblé des internautes du Canada, des États-Unis, de la France et de l’Amérique du Sud! Bien qu’il s’agisse de son effort le plus rock à ce jour, de l’aveu même de la chanteuse au nouveau look ténébreux, c’est plutôt son simple électro pop C’est moi qui chauffe en ce moment les ondes radio. Rencontre avec notre électro rock star nationale.
Marie-Mai, tu adores l’électro depuis toujours. Es-tu une fille qui sort beaucoup dans les boîtes de nuit?
Avant Star Académie, oui. Je sortais beaucoup. Après, je sortais une fois de temps en temps. Maintenant, oh no! Je pense que ça doit faire presque deux ans que je ne suis pas allé danser dans une discothèque.
Est-ce parce que tu es trop connue?
Ce n’est pas une question d’être connue, mais plutôt de temps et de précaution. Si je fais des spectacles pendant une semaine et que je sors le soir en ayant beaucoup de fun, en parlant fort, en criant, en riant, le lendemain, je n’aurai plus de voix. J’ai une voix quand même assez fragile, alors je dois faire attention.
Dans la piste Garde tes larmes, pourquoi chantes-tu : « Tu verras, personne ne gagne contre moi »?
Je ne voulais pointer personne du doigt. Je l’ai écrite pour me vider le cœur. Dans le milieu artistique, souvent entre artistes, on se dit « T’es super bonne » et beaucoup se virent de bord pour finalement dire : « Ark, moi je ne l’aime pas. » Il y a tellement d’hypocrites. Moi, je ne le suis pas. Je suis incapable de faire semblant. C’était important pour moi d’en parler, mais toujours avec un grain de sel. Je dis « personne ne gagne contre moi », mais ce n’est pas vrai que je suis au-dessus de tout ça!
Je pense que c’est important d’être forte, de pouvoir dire ce que l’on pense, de se vider le cœur quand on en a besoin. Comme plusieurs chanteurs, je vois vraiment mes chansons comme une thérapie. Je n’ai qu’à penser à la piste Comme avant de mon album, qui parle de nostalgie. On vieillit, on prend de la maturité, on apprend de nos expériences, on a des responsabilités… Je crois que tout le monde a voulu à un moment donné retourner à l’enfance dans sa vie, une période durant laquelle rien n’était compliqué, où nos gestes n’avaient aucune répercussion. On pouvait faire ce que l’on voulait; c’était sans lendemain. Tout comme lorsque je l’ai écrite, je me vois beaucoup dans cette chanson en ce moment.
À quoi fait référence ta pièce Bâtir notre histoire?
C’est une chanson qui parle du sort humain. Beaucoup de mes pièces sont plus sombres. J’avais envie d’écrire une chanson positive, presque un cri de ralliement pour la prochaine génération. Je pense que c’est important que les jeunes sachent que si on se met tout le monde ensemble, on peut changer les choses. C’est peut-être super naïf comme discours, mais j’y crois vraiment.
Quels changements aimerais-tu apporter?
La conscience en général sur ce qui se passe partout dans le monde. Je suis porte-parole pour UNICEF; j’ai regardé des statistiques sur ce qui se passe à l’extérieur de notre petit monde. Nous, les Québécois, on est chanceux. On est en santé, on est un peuple assez riche, contrairement à d’autres. J’aimerais envoyer ce message, bien que la jeune génération soit beaucoup plus consciente que la mienne l’était avant. Lorsque j’étais au secondaire, l’environnement et les autres sujets du genre m’intéressaient plus ou moins. Aujourd’hui, au primaire, on parle de tout ça. Les enfants grandissent avec cette prise de conscience. C’est super!
La chanson la plus significative pour toi?
Ça change chaque jour, tout dépend de mes états d’âme. Une chanson dont je suis très fière en ce moment, autant au niveau des paroles que des arrangements, c’est J’attendrai mon tour, inspirée par le drame de Anne-Sophie et Olivier, deux enfants qui ont été assassinés par leur père à Piedmont au début de l’année. J’ai été vraiment bouleversée par cette histoire. Dans la vie, on apprend à faire le deuil d’un ami, d’un parent, mais on ne devrait jamais avoir à vivre le deuil de l’un de ses enfants selon moi, encore moins deux.
La mère de ces enfants avait publié une lettre dans le journal, dans laquelle elle disait « Mes chers enfants, je pense à vous, on va se revoir un jour. » Elle était si positive. Malgré la douleur qu’elle a vécue, elle regarde en avant.
J’ai aussi appris que les deux enfants avaient des billets pour venir me voir en spectacle avant leur mort. Leur mère a fait des tentatives pour que je vienne chanter lors des funérailles, mais j’étais à l’extérieur de la ville et je ne pouvais pas. Ça m’a fait beaucoup de peine. J’ai décidé d’écrire cette chanson, mais de façon positive, parce que j’avais envie de montrer le positivisme de la mère, qui continue à avancer malgré les épreuves. Beaucoup de parents vivent la douleur de perdre un enfant en raison de la maladie ou autre. Ce n’est pas évident. C’est mon petit message positif…
Pourquoi avoir mis une seule chanson en anglais sur ton album?
J’ai une quinzaine de chansons en anglais, mais je pense que c’est important de garder ses priorités dans la vie. Je voulais me concentrer sur mon album en français. J’avais fait ma chanson Do You au Match des étoiles de la LNH au Centre Bell. Ensuite, je l’ai faite en spectacle plusieurs fois. Elle s’est retrouvée sur YouTube. Les jeunes tripaient sur la chanson et voulaient l’entendre sur l’album, alors j’ai décidé de leur faire un petit cadeau. Je l’aime beaucoup. En spectacle, elle est super cool!
Tu as déjà mentionné vouloir écrire des chansons pour Gwen Stefani et Rihanna. As-tu amorcé le processus?
Percer les marchés américains et français prend du temps; c’est du développement, il faut avoir la bonne compagnie de disques… On travaille sur cela tranquillement. On a écrit des chansons qui pourraient fonctionner pour ces chanteuses.
Si j’ai fait référence à Gwen Stefani et à Rihanna et non pas aux artistes rock, c’est que les trois quarts des artistes rock internationaux écrivent leurs propres chansons. Je ne pourrais pas me présenter à Green Day et leur dire : « Hey, hey, je vous ai écrit une chanson! »
D’un autre côté, j’aurais envie de relever le défi de sortir de ma zone de confort et d’écrire une chanson R&B ou country. Il faut cependant avoir le temps. C’est sûr que dans les prochaines années, je vais tenter ma chance. Mon chum a rencontré beaucoup de réalisateurs, d’auteurs et de compositeurs à Los Angeles. Il faisait partie d’un camp d’écriture pour Canadian Idol. On tisse nos toiles et on écrit nos chansons le mieux possible.
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Le troisième album de Marie-Mai, Version 3.0, est en vente dans la Toile et chez les disquaires. Pour connaître les dates de ses spectacles, cliquez ici.
Par Carolyne Marengo
(BUM interactif)